« Chantez le dieu qui nous éclaire »

La base Joconde le sous-titre comme "considéré à tort comme le portrait de Rameau" - attribué successivement à Colson, Greuze, Restout

« Chantez le dieu qui nous éclaire,

Sa flamme est la gloire des cieux.

Aux traits brillants de sa lumière,

La terre a reconnu des dieux. »

Acte II, scène 6

 

Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764)

 

Abaris ou Les Boréades (1764)

 

English Baroque Soloist

The Monteverdi Choir

John Eliot Gardiner

 

Abaris ou les Boréades, tragédie lyrique commandée à Jean-Philippe Rameau par l’Opéra de Paris, fut mise en répétition au printemps 1763 mais de toute évidence abandonnée avant la première.

L’auteur du livret reste incertain même s’il est souvent attribué à Louis de Cahusac, librettiste de nombreuses œuvres de Rameau mais décédé quelques années auparavant.

Atteint de « fièvre putride » le 23 août 1764, Rameau mourut le 12 septembre. L’œuvre ne fut ni représentée ni éditée en son temps.

La première exécution intégrale, en concert, date du 14 avril 1975 à Londres. Elle était dirigée par John Eliot Gardiner, le même chef qui assura la première représentation théâtrale. Celle-ci eut lieu lors du Festival d’Aix en Provence le 21 juillet 1982, après plus de deux siècles d’oubli presque complet en étant pourtant le chef d’œuvre ultime du compositeur.

Amours de la reine Alphise et d’Abaris, protégé du grand prêtre d’Apollon. Mais Alphise est promise à l’un des deux fils de Borée, le dieu des Vents du Nord…

« Il faut pour Rameau, répétons-le, un technicien de l’orchestre, surtout dans cet ultime chef-d’oeuvre du compositeur de Dijon. Transparence instrumentale, netteté de l’articulation et rythmique d’une pulsation irrésistible, les English Baroque Soloists menés par la baguette experte de son chef fondateur atteignent des sommets que même un Rattle ne fait qu’effleurer. Et présence bien sûr superlative d’un Monteverdi Choir suave quand il faut, terrifiant quand il campe les êtres du grand Nord. La distribution n’a guère été surpassée depuis, avec le duo Jennifer Smith (Alphise) et Philip Langridge (Atamas), elle souveraine de ligne et de grandeur tragique, lui d’une souplesse dans le phrasé qui fait oublier un accent un peu exotique. Et que dire des chanteurs français réunis pour cet enregistrement : Jean Philippe Lafont, Gilles Cachemaille, François Leroux, la fine fleur du chant hexagonal, dont on connaît la carrière actuelle. Un must, dont on voit mal qui pourrait le détrôner. »

(Magazine Goldberg)

« Un Gardiner enfiévré et au meilleur de sa forme…qui peut proposer une version aussi exaltante de ces Boréades ? Dynamique, enlevé et précis, le jeu du Britannique fait de lui un traducteur idéal de l’oeuvre de Rameau. Intégralement recommandé. »

(Magazine Classica)

« La musique est sublime. Les airs sont plus émouvants que jamais, les ensembles d’une construction exemplaire, les danses irrésistibles. L’écriture orchestrale est sans cesse ébouriffante d’invention et de génie… » 

(Magazine Le monde de la musique )

« Du grand Rameau. Chaque mesure prouve si besoin était, l’invention, la vitalité, l’art des couleurs, la modernité, bref l’éternelle jeunesse d’un compositeur de quatre-vingts ans »…Une telle musique doit être confiée à des interprètes capables d’en respecter les exigences stylistiques sans que soit perceptible le moindre effort…

Un événement discographique »

(Opéra International)

EXTRAITS

Rondeau vif
« La troupe volage »
Gavottes

Acte I, scène 4

Sémire et le Chœur
« La troupe volage
Des ris et des jeux
Nous suit à tout âge
Et prévient nos vœux.

Sémire
Jamais un sombre nuage
Ne voile à nos yeux
Les beautés des cieux

Chœur
La troupe volage
Des ris et des jeux
Nous suit à tout âge
Et prévient nos vœux. »

« Charmes trop dangereux »

Acte II, scène 2

Abaris
« Charmes trop dangereux, malheureuse tendresse,
Faut-il vous combattre sans cesse,
Et vous voir triompher toujours ?
A ce temple, Adamas consacra ma jeunesse,
Et du Dieu que j’y sers j’implore le secours.
Il voit sans pitié ma faiblesse,
Au pied de ses autels, le trouble qui me presse
Semble s’accroître tous les jours.
Charmes trop dangereux, malheureuse tendresse,
Faut-il vous combattre sans cesse,
Et vous voir triompher toujours ? »

Air un peu gai

Calisis
« Eh ! Pourquoi se défendre ?
Peut-on trop tôt se rendre
A de tendres soupirs ?
A fuir les amoureuses chaînes,
Que l’on doit éprouver de peines
Et qu’on perd de plaisirs ! »

Menuets

Acte III, scène 3

« Borée en fureur »

Acte III, scène 4

Alphise et Abaris
« Borée en fureur rassemble tous les vents
Dans ces climats.

Chœur avec Alphise et Abaris
Quels feux ! Quels terribles éclats !
L’air s’embrase. La terre tremble,
Elle s’écroule sous nos pas.

(Pendant cette symphonie et le chant, les Aquilons s’emparent du théâtre. Un tourbillon entraîne Alphise, un autre s’oppose aux efforts d’Abaris, et après qu’il eût chanté, on enlève Alphise dans les airs.)

Alphise
Juste ciel ! Quelle violence !

Abaris
Cruels, faites sur moi tomber votre courroux.
Alphise, chère Alphise.

Chœur avec Abaris
Ô fatale vengeance,
Dieu redoutable, dieu jaloux. »

La révélation André Cardinal Destouches

callirhoé

« Ô nuit, témoin de mes soupirs secrets,
Que ton ombre en ces lieux ne règne-t-elle encore?
Pourquoi l’impatiente aurore
Ouvre-t-elle mes yeux aux funestes apprêts
D’un hymen que j’abhorre?
Je vais donc m’engager à l’objet que je hais
Et je perds pour toujours un amant que j’adore.
Ô nuit, témoin de mes soupirs secrets,
Que ton ombre en ces lieux ne règne-t-elle encore? »

André Cardinal DESTOUCHES

(1672-1749)

Voyageur, Mousquetaire du Roy puis compositeur

CALLIRHOE

(Le Concert Spirituel. Hervé Niquet)

 Tragédie lyrique inédite du très méconnu Destouches (surintendant de la musique du roi, maître de musique de la chambre et directeur de l’opéra).

Somptueuse présentation en format livre.

Louis XIV déclarait qu’aucune musique ne lui avait procuré autant de plaisir depuis Lully (musique d’Issé).

L’excellence du livret écrit par Pierre-Charles Roy participe à son succès.

Alors qu’il s’apprête à épouser Callirhoé, Corésus apprend qu’elle aime Agénor. Furieux, il demande vengeance aux dieux. Les prêtres remplissent alors la ville d’effroi et le peuple entier devient victime de sa rage. L’oracle réclame, en échange de la paix, le sang de Callirhoé. Agénor propose sa vie mais c’est finalement Corésus qui se sacrifiera.

Dans cette Callirhoé, Destouches contribue à l’évolution du genre de la tragédie lyrique par son sens du théâtre et du drame. Son écriture annonce déjà très largement les oeuvres lyriques de Rameau composées vingt plus tard. Le choeur n’intervient pas seulement comme témoin du drame mais y participe. La composition orchestrale, par les couleurs et les effets des climats créés, accompagne à merveille les descriptions psychologiques des personnages de la tragédie.

« Quand le disque s’achève, comme quand le rideau tombait à Montpellier, chacun est certain d’avoir découvert un chef-d’oeuvre ». (Magazine Diapason)

« La pâte orchestrale est de bout en bout colorée, ciselée, parfaitement équilibrée entre des violons d’une rare élégance et des basses très amples ». (Magazine Classica)

« Ampleur et sensualisme de l’orchestre, choeurs et solistes d’une indéniable cohérence. C’est un compositeur de génie, suiveur original de Lully, qui nous est restitué, ajoutant à la valeur de l’approche : Destouches est un immense auteur lyrique. Une révélation ».

« Les instrumentistes du Concert Spirituel déploient une palette de couleurs et d’accents somptueux ». (Classique.news)

« Callirhoé s’impose sans peine par l’éminente beauté de sa musique, son dramatisme intense, son récit singulier et efficace. La vérité expressive des récitatifs, les airs pénétrants, la hardiesse des climats harmoniques, l’extrême fluidité du récit.., tout ici captive sans relâche ».

« le frisson, lui, est garanti ».

« Hervé Niquet, pour sa part, exalte toutes les effusions que cette musique commande. L’orchestre et les choeurs, tour à tour capiteux, caressants, déchirés et cinglants, s’offrent sans compter ».

« Une résurrection magistrale ! » (Le diamant d’Opéra)