Bosquet de l’Encelade

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Dans les jardins du château de Versailles, depuis 1678, un cercle de rocaille ceint de ses pierres et de son treillage le bosquet de l’Encelade, ce Géant précipité en terre par Jupiter lors de sa révolte contre le ciel.
En 1675, Louis XIV voulant faire de sa victoire contre la Fronde un exemple sans égal, décide de confier au grand Le Nôtre et au sculpteur Gaspard Marsy l’édification d’un bosquet propre à décourager de probables nobles séditieux.

Ce bosquet triangulaire, éblouissant aux jours de soleil comme aux jours de pluie, percé en son centre par la rondeur d’un bassin est impressionnant à plus d’un titre :
Emergeant des abymes, le monstre en bronze doré semble lancer toujours au ciel sa bravade en expédiant vers le ciel la rocaille volcanique issue de sa vertigineuse chute sous le mont Etna, ainsi qu’en vomissant un immense cataracte d’eau haut de plus de vingt-cinq mètres.

Jean-Philippe Rameau : Hippolyte et Aricie
« Ritournelle »
La Petite Bande, Sigiswald Kuijken

«Les Géants attaquèrent le ciel, Jupiter les foudroya ;
Typhon, et Encelade étaient les plus considérables.
Devant les dieux ces géants pervertis
De leur malheur n’étant pas avertis,
Au firmament présentent l’escalade,
Là Typhon monte, ici grimpe Encelade,
Jupiter prend des foudres assortis.
Ces vastes corps les ont bien ressentis,
Jusqu’au dernier tous sont anéantis,
On leur fait faire une rude cascade.
Devant les dieux.
Leurs monts sur eux se sont appesantis,
Un peu trop tard ils s’étaient repentis
D’une si brusque, et si haute incartade.
Contre le ciel frivole est la bravade,
Et n’en déplaise aux grands, ils sont petits.
Devant les dieux. »

Isaac de Benserade (1612-1691)

Versailles dans le printemps

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Jean-Philippe Rameau : « Les Fêtes d’Hébé » (Les Arts Florissants, William Christie)
Troisième entrée : La Danse
« l’Amour règne en ces bois« 

Le ciel railleur n’a pas voulu de son corps physique et l’a rendu.

Regarde les allures de son geste, s’élevant  pour appeler le soleil, cet autre solitaire abandonné, quoique plus haut et plus éblouissant.

Comme l’anneau d’argent retrouvé au cœur d’un arbre, son âme pareillement est engloutie… Mais sans être emportée toute entière.

Non, entraîné dans les limbes merveilleux des immensités bleues, où le vivant Versailles voit glisser de temps à autre dans son regard d’étranges ombres et des figures du monde primordial, dessus les leviers du grand métier universel, posé là comme le pied du Dieu, le palais baigne tout dans l’opulence.

Moi qui m’enivre de son parfum pur, n’y voyant pas seulement là que de la pierre, je porte ma narine au virginal arôme, de cette âme identique à la fine violette du printemps embaumé.